Témoignages

Marie Anne EL MESTASSI tutrice engagée dans le cadre du programme tutorat au féminin by FME témoigne.
“Le cadre et l’énergie que donne La FME dans son programme permet de catalyser notre envie de transmettre et l’attente d’avancer des jeunes boursières”
Pourquoi vous engagez vous dans un programme de tutorat ?
Deux raisons principales. D’une part, je réside au Maroc depuis maintenant 15 ans. Ce qui m’a frappée en arrivant ce sont les terrasses de café prises par les hommes. Cela m’a interpellée. Casablanca est une ville ou les femmes sont actives et, certes un peu plus présentes dans l’espace public. Mais nous avons encore beaucoup d’espaces à conquérir dans la société et dans le monde professionnel. J’aimerais que mes deux petites filles franco marocaines aient la liberté d’entreprendre au Maroc. J’aimerais que toute jeune femme marocaine puisse avancer, progresser, et prendre la place qu’elle mérite.
D’autre part, même en ayant eu beaucoup de chance dans mon parcours, j’ai avancé seule, je n’ai découvert que tardivement tout le potentiel du women’s empowerment et en particulier du mentorat. A travers le programme de « tutorat au féminin» je voudrais transmettre ce que j’ai appris pour permettre aux femmes de demain d’aller plus loin plus vite dans leur vie professionnelle.
Vous êtes engagée dans le tutorat dans le cadre des actions du cercle Lean In Morocco, pouvez nous en dire plus ?
Lean In est une initiative lancée par Sheryl Sandberg n°2 de Facebook aux USA à partir de laquelle des femmes partout dans le monde peuvent se regrouper et former des cercles au sein desquels elles partagent leurs challenges, les enseignements de leurs expériences, des outils… Lean In Morocco a démarré en février 2016. Nous sommes maintenant environ 80 membres au Maroc pour mener des actions concrètes pour l’intégration, l’épanouissement et la promotion de la femme dans la sphère professionnelle. Il ne s’agit pas d’action politique ou action féministe au sens premier du terme. Nous sommes des femmes et des hommes qui partagent leurs compétences, leurs savoir-faire ou savoir-être pour se développer eux-mêmes et pour aider des jeunes filles à s’épanouir au quotidien. Nous apprenons toutes les unes des autres. Le programme Leaders en herbe by Lean In Morocco, permet de tendre la main aux plus jeunes au travers d’actions de mentoring et d’ateliers de formations. C’est dans ce cadre que nous collaborons avec la Fondation Marocaine de l’Etudiant. Et à titre individuel, je me charge du tutorat d’une jeune boursière.
Parlez-nous de votre expérience de tutorat au féminin by FME?
J’ai assisté à une rencontre organisée par la FME de présentation du programme de tutorat. On m’a présente Meryem une jeune étudiante boursière, très timide. Tellement de barrières nous séparaient. Nous avons des histoires différentes, un vécu social différent, la maitrise de la langue différente. Un challenge ! Alors c’est pour moi !
Donc, c’est d’abord une rencontre, ensuite un défi mais surtout un cadre organise qui le permet.
On peut tous avoir un élan de générosité, mais très vite se sentir perdu dans la mise en œuvre. La FME, met en relation, définit clairement les contours de ce qu’est et n’est pas le tutorat. Elle établit un suivi et peut réenclencher la relation pour que la jeune boursière en bénéficie au mieux. C’est aussi pour nous les tutrices, un moyen de nous sentir utiles au mieux. Cela reste des relations humaines avant tout, donc quand le duo ne fonctionne pas c’est important de l’accompagner ou le changer.
Finalement, le cadre et l’énergie que donne La FME dans son programme permet de catalyser notre envie de transmettre et l’attente d’avancer des jeunes boursières.
Elles ne sont pas forcément conscientes de leurs besoins vis-à-vis du tutorat et notre rôle c’est aussi de les aider à les exprimer, les matérialiser. Cela peut être de la conversation pour améliorer les français, de la relecture de CV, de l’aide pour la recherche de stage, du conseil pour le choix des matières ou filières. Elles restent acteur principal de leur projet professionnel. Apres il y a surtout, le travail sur la confiance en soi, car il peut y avoir une autocensure. Elles peuvent ne pas oser franchir des frontières, en croyant qu’elles ne sont pas du monde qu’elles vont intégrer. C’est là que le travail sur les codes sociaux, les références culturelles et tout le développement personnel a son importance. On leur explique et leur met à leur portée les outils pour dépasser toute barrière. Et elles n’attendent que cela, même si elles n’en sont pas toujours conscientes.
Cela ne me prend que 2 à 3 heures par mois. Mais cela a beaucoup d’effet sur la jeune fille que j’accompagne. Elle a fait des progrès extraordinaires. Elle s’appelle Meryem, elle étudie en deuxième année à l’ENCG. Je trouve cela très gratifiant, de voir comment elle évolue.

Marie-Anne EL MESTASSI, diplômée de Sciences Po Paris fait carrière dans le Marketing. Elle est actuellement Managing Director chez GfK Retail and Technology North Africa